• Une grande partie de mon travail est centré sur les apports de l'informatique à la littérature. Dans une perspective de plus en plus évidente d'affadissement du livre, notamment sur le plan créatif, ce qui m'importe c'est d'essayer d'imaginer une littérature qui tire partie de toutes les possibilités du numérique: générativité, mise en espace, traitements numériques du son et de l'image, hyperfiction, etc…

    Dans la mesure où les espaces de communication numérique sont des ensembles virtuels indifférenciés, c'est-à-dire où il est très difficile, voire impossible de distinguer la réalité de la fiction, l'information de la littérature, la vérité de son apparence, il m'a paru intéressant d'exploiter un aspect particulier de cette confusion générale en exploitant les réseaux sociaux et, notamment, le plus connu d'entre eux, Facebook. On sait quel souci, notamment pour des raisons évidentes de commercialisation de ses données, Facebook a de faire croire que les personnes inscrites sur son réseau sont des personnes réelles. Pourtant, avec très peu d'habileté, il est possible, pour n'importe qui, de tromper la vigilance du réseau. De même, on sait que Facebook archive tout ce qui est produit dans son réseau et déclare en avoir la propriété. Il est donc aussi très tentant de produire à cet effet un nombre important de données fictionnelles visant à rendre plausible une saturation du réseau.

    Dans ce but, un certain nombre de personnages de mon hyperfiction ont leur propre page Facebook qui se nourrit tous les jours, soit par des apports automatiques, soit par des apports non automatiques, soit par l'effet mécanique de la participation des "amis" qui ne savent rien de l'identité vide des personnages auxquels ils s'adressent.

    Pour l'instant, sont ainsi des personnages Facebook fictionnels : Marc Hodges, Germaine Proust, Louis Ganançay, Rachel Charlus, Benjamin Cooper, Maurice Roman et Ronald Cline.

     

    PS. L'image illustrant cet article est de Williams Tjampitjinpa.


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  • "Le peuple manque" est une réalisation de Gregory Chatonsky avec un générateur de fiction de Jean-Pierre Balpe: à partir d'une "vie" générée automatiquement et de la définition de tags marquant cette vie, le programme va chercher des images dans Flickr qui sont alors une des illustrations possibles de la vie qui s'écrit sous les yeux du lecteur.

    Dans le flux incessant d'Internet, "le peuple manque" ajoute indéfiniment son propre flux de vies.


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  • Contrées de la poésie numérique.
    Journée de présentations et débats.

    14-18 heures: Jean Clément (modérateur), Isabelle Giannattassio, Jacques Donguy, Philippe Bootz et la revue Alire (groupe Transitoires Observables) avec Jean-Pierre Balpe, Alexandre gherban, Patrice Burgaud, Claire Leroux.


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  • Ayant décidé de tenter de réaliser une œuvre fictionnelle pour Internet, j'ai choisi les blogs comme support. La Disparition du Général Proust a débuté en juillet 2005 par la publication durant 36 jours de Lettre-Néant dans les pages du quotidien Libération. Lettre-Néant n'est conçue que comme la partie "visible" d'un iceberg de textes se répartissant sur un nombre indéterminés de blogs différents. Pour l'instant (décembre 2005) : Général Proust, HyperFiction, Hyperfictions, Jean-Pierre Balpe,Ganançay, Le sens de la vie, Marc Hodges, Nathalie Riches et Romans, Les poèmes de Jean-Pierre Balpe, Le carnet d'Oriane, L'album photos de JPB, Les poèmes de Marc Hodges à Gilberte.

    D'autres blogs devraient s'y adjoindre par la suite.

    Une HyperFiction n'est donc pas un hypertexte, mais un espace réparti de blocs de fiction dynamiques, c'est-à-dire en perpétuel changement essayant d'exploiter toutes les possibilités des blogs (écritures fragmentées, linéarité contrariée, bibliothèque de liens, calendrier, commentaires, etc.) ainsi que celles de divers outils Internet (moteurs de recherche notamment) pour contraindre à une lecture explosée de la fiction, créer une confusion permanente entre le réel et la fiction, s'adresser à des lecteurs qui, sans cela, ne seraient jamais entrés en contact avec elle (amenés par hasard par les moteurs de recherche par exemple). Il s'agit donc de bien plus qu'un hypertexte qui, dans son principe, n'est en fait rien d'autre qu'une linéarité complexifiée.


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